Au Cameroun, près de 45% de la population vit en zone rurale. L’agriculture y constitue la principale source de revenus pour les ménages et représente l’activité économique dominante. Les cultures vivrières (manioc, igname, plantain …) occupent une place centrale dans les exploitations agricoles et participent à l’approvisionnement des marchés locaux ainsi qu’à l’alimentation des familles. Toutefois, les pratiques agricoles reposent encore largement sur un travail manuel, faute de mécanisation. Cette pénibilité, combinée à un accès limité aux services de santé, expose les agriculteurs à des maladies chroniques liées aux conditions de travail. Cet article explore la pénibilité des travaux champêtres, leurs impacts sur la santé et l’importance d’un accès gratuit et régulier aux soins pour les populations rurales.
1. Pénibilité des travaux champêtres et impacts sur la santé
Les travailleurs locaux (hommes et femmes) font quotidiennement face à des difficultés liées à la réalisation de leur principal moyen de subsistance. Le faible niveau de mécanisation oblige les agriculteurs à réaliser la plupart des tâches manuellement, ce qui rend le travail particulièrement long et physiquement exigeant. L’entretien des plantations, le défrichage, les récoltes ou encore le transport des produits reposent largement sur un travail manuel intensif.
Par ailleurs, beaucoup de personnes âgées continuent à travailler dans les champs. Toutefois, avec l’âge, les capacités physiques diminuent, ce qui entraine souvent l’apparition : des douleurs articulaires, des lombalgies, et d’une fatigue plus rapide. Dans ces conditions, les travaux agricoles deviennent particulièrement éprouvants.
Derrière l’image d’une agriculture traditionnelle se cache une activité physiquement exigeante. Les travaux des champs exposent les agriculteurs à des efforts prolongés, aux conditions climatiques difficiles et à plusieurs risques sanitaires.
A cela s’ajoute la difficulté d’accès aux services de santé.
En effet, l’accès aux soins en milieu rural reste un défi majeur au Cameroun, malgré les politiques publiques visant à réduire les obstacles financiers :
- 65 % des bénéficiaires considèrent le coût des soins comme un obstacle majeur.
- 55 % vivent à plus de 10 km d'un centre de santé fonctionnel.
Les infrastructures médicales sont souvent rares et éloignées des villages. Pour les agriculteurs, dont les revenus sont généralement modestes et irréguliers, consulter un professionnel de santé représente donc une dépense difficile à assumer.
Le travail physique intensif peut aggraver certaines pathologies, tandis que la maladie réduit les capacités de travail. En l’absence de suivi médical régulier, ce cercle devient difficile à rompre.
2. Sensibiliser et agir pour la santé
Face aux difficultés d’accès aux soins en zone rurale, la mise en place d’un centre médical de proximité tel que le Centre médical de Yéhoshoua - Pain Quotidien, constitue une réponse essentielle.
Les agriculteurs pourront bénéficier gratuitement : d’un accompagnement régulier, de soins, de dépistage et d’un suivi des maladies chroniques.
Des consultations médicales régulières seront organisées afin de dépister et informer la population sur les pathologies les plus fréquentes : hypertension, diabète, douleurs articulaires et musculaires, infections liées au travail agricole.
Ces initiatives combinent soins de proximité et sensibilisation, pour prévenir les maladies, réduire les risques et améliorer durablement la santé des populations rurales.
Conclusion
La pénibilité des travaux agricoles, combinée à un accès limité aux soins, expose de nombreux agriculteurs à des maladies chroniques évitables.
Améliorer l’accès aux services de santé et renforcer la prévention en milieu rural constitue donc un enjeu majeur de santé publique.
Soutenir ces populations, c’est aussi préserver celles et ceux qui assurent chaque jour la sécurité alimentaire des communautés.
