Eaux usées et accès à l’eau potable : un enjeu clé pour la santé

Eaux usées et accès à l’eau potable : un enjeu clé pour la santé

Boire de l’eau est un geste simple, quotidien et vital.

Pourtant, dans de nombreuses zones rurales du Cameroun, l’accès à une eau propre et potable reste un véritable défi. Selon les données disponibles, 44 % de la population camerounaise dispose d’un accès à l’eau potable, tandis que 34 % seulement bénéficie d’un système d’assainissement adapté, avec de fortes inégalités entre les zones urbaines et rurales.

Pour beaucoup de familles, l’eau utilisée pour boire, cuisiner ou se laver provient de rivières ou de points d’eau insalubres. Cette réalité, souvent banalisée, a pourtant des conséquences directes sur la santé, l’hygiène et l’alimentation des populations.

Lors de nos missions sur le terrain, nous avons pu constater à quel point l’absence d’un système d’assainissement adapté et d’un accès à l’eau potable favorise l’apparition de maladies évitables. Comprendre les enjeux liés aux eaux usées, c’est mieux comprendre l’importance de solutions durables pour protéger la santé des populations.

1. Qu’appelle-t-on « eaux usées » ?

On parle d’eaux usées pour désigner les eaux qui ont été utilisées par l’homme et qui sont ensuite rejetées dans l’environnement.

Il peut s’agir de l’eau utilisée pour la toilette, la cuisine, le lavage du linge, mais aussi des eaux de pluie souillées.

Lorsqu’elles ne sont pas correctement traitées, ces eaux deviennent rapidement un facteur de contamination, car elles peuvent transporter des bactéries, des parasites et d’autres agents responsables de maladies.

Dans de nombreuses zones rurales, l’absence de systèmes d’assainissement adaptés fait que ces eaux se retrouvent directement dans la nature, contaminant ainsi les sols, les rivières et les sources d’eau utilisées par les populations.

2. Pourquoi les eaux usées sont un problème de santé ?

L’utilisation d’eaux insalubres a des conséquences directes sur la santé.

Le manque d’accès à une eau propre favorise l’apparition de nombreuses maladies liées à l’eau et à l’insalubrité. Parmi les plus fréquentes, on retrouve les maladies diarrhéiques, les infections intestinales, les parasitoses, mais aussi des maladies comme la fièvre typhoïde ou le choléra, liées à la consommation d’eau contaminée.

Les eaux stagnantes et insalubres favorisent également la prolifération des moustiques, augmentant ainsi le risque de paludisme, particulièrement chez les enfants et les personnes les plus vulnérables.

Sur le plan sanitaire, selon les données du Ministère de la Santé Publique du Cameroun et de l’Organisation mondiale de la Santé, en 2019, le taux de mortalité attribuable à l’insalubrité de l’eau, aux déficiences des systèmes d’assainissement et au manque d’hygiène était estimé à 45,2 décès pour 100 000 habitants.

Les enfants de moins de cinq ans figurent parmi les populations les plus touchées.

Les eaux contaminées impactent également l’hygiène quotidienne et l’alimentation :

  • le lavage des aliments avec une eau impropre,
  • la cuisson insuffisante par manque d’eau potable,
  • les difficultés à maintenir une hygiène corporelle régulière.

Ces conditions favorisent un cercle vicieux entre insalubrité, maladies et affaiblissement général de la population.

3. Ce que nous avons observé sur le terrain

Lors des missions médicales menées sur le terrain, il a été constaté que l’accès à l’eau potable restait extrêmement limité dans certains villages.

Pour de nombreuses familles, la seule source d’eau disponible était une rivière ou un cours d’eau insalubre, utilisé aussi bien pour boire que pour les besoins du quotidien.

Cette situation explique en grande partie la fréquence des maladies observées lors des consultations médicales : infections, troubles digestifs, parasitoses et problèmes de peau.

Ces constats ont mis en évidence l’urgence d’agir non seulement sur le plan curatif, mais surtout sur le plan préventif, en améliorant durablement l’accès à une eau saine.

4. Agir : l’importance de l’accès à l’eau potable

Face à ces réalités, l’accès à l’eau potable est apparu comme une priorité absolue de santé publique.

Le 11 avril 2025, le Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), en partenariat avec l’UNICEF Cameroun, a présenté un document stratégique visant à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, avec pour objectif un taux d’assainissement de 60 % à l’horizon 2030.

C’est dans ce contexte que la mise en place d’un forage a été pensée comme une réponse concrète et durable aux problématiques sanitaires observées.

Lors de la mission de mai à juin 2025, un forage a ainsi été inauguré dans le village d’Ekabita Mendoum, permettant aux habitants d’accéder à une eau potable en continu.

Cette action vise à réduire significativement les maladies liées à l’eau insalubre, à améliorer les conditions d’hygiène et à soutenir la prévention des infections.

L’accès à une eau saine constitue un pilier fondamental pour la réussite des actions du Centre Médical et pour l’amélioration durable de la santé des populations.

L’accès à l’eau potable n’est pas seulement une question de confort : c’est un enjeu majeur de santé publique.

À travers la mise en place du forage dans le village d’Ekabita Mendoum, une réponse concrète a pu être apportée à une problématique quotidienne. Cette action permet non seulement de réduire les risques sanitaires, mais aussi d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Prévenir les maladies liées à l’eau, c’est avant tout garantir un accès à une eau saine, aujourd’hui et pour les générations à venir.

Sources

  • Ministère de la Santé Publique du Cameroun (MINSANTE), Rapport de suivi des indicateurs clés de santé, 2019.
  • Organisation mondiale de la Santé (OMS), Données relatives à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (WASH), 2019.
  • Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Document stratégique relatif à l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, 11 avril 2025.
  • UNICEF Cameroun, Données et publications sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement au Cameroun, 2025.
  • Centre Médical de Yehoshua Mashiah, Livret institutionnel – Missions et actions menées au Cameroun, 2025.